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Un ECR peut-il passer à côté d’un traitement efficace ? Exemples (2)

Ce billet fait suite à deux autres montrant comment des essais contrôlés randomisés peuvent conduire à des résultats négatifs y compris pour des traitements efficaces :

Un essai controlé randomisé peut-il passer à coté d’un traitement efficace ?

Un ECR peut-il passer à coté d’un traitement efficace ? Exemples (1)

Il répond également à un commentaire de Villière, que je remercie de m’avoir signalé l’étude de Rodrigues et al.

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Imaginez un virus qui fait des victimes parmi la population âgée ou déjà atteinte de certaines maladies, mais dont, quand on est jeune et en bonne santé, on se remet spontanément en 8 jours. Imaginez qu’on teste un médicament qui pourrait guérir de ce virus en 3 jours au lieu de 8. Imaginez qu’on organise un essai contrôlé randomisé — avec un groupe traité et un groupe placebo — mais uniquement sur des patients jeunes et en bonne santé (hormis le virus en question, qu’ils ont contracté).

Maintenant, imaginez que, pour savoir si le traitement est efficace, on compare, entre le groupe traité et le groupe contrôle, la proportion de patients guéris au bout de 10 jours.

Comme les patients sont jeunes et en bonne santé, ils se seront tous remis spontanément en 8 jours, et lorsqu’on les examinera au 10ème jour, le groupe placebo sera guéri tout comme le groupe traité. On devra conclure : « le traitement n’a pas d’effet » — même s’il en a eu un, puisqu’on se sera mis hors d’état de l’observer.

En effet, faute de mesurer la différence entre les groupes au 3ème ou au 4ème jour, on ne pourra pas savoir si les patients traités sont déjà massivement guéris tandis que les patients non traités ne le sont pas (ce qui serait signe d’une efficacité du traitement) ou si, au contraire, les patients du groupe placebo sont plutôt plus nombreux à être guéris le 3ème jour (ce qui indiquerait une inefficacité, voire une nocivité du traitement). Si on attend le 10ème jour pour mesurer la différence entre les groupes, on est dans l’incapacité de distinguer entre ces hypothèses.

 

Eh bien c’est à peu de choses près ce qu’a fait cette étude de Rodrigues et al. sur le traitement précoce par hydroxychloroquine + azithromycine face au Covid-19 :

Les patients inclus dans cet essai mené au Brésil avaient 37 ans en moyenne (aucun au-dessus de 65 ans), aucune comorbidité, et son résultat (outcome) principal, sur lequel est évaluée l’efficacité du traitement, est la clairance virale au bout de 9 jours.

Or, on le sait désormais, le plus souvent, les jeunes en bonne santé se remettent spontanément du Covid-19 en une dizaine de jours.

Et devinez quoi : dans l’essai de Rodrigues et al., au 9ème jour le groupe placebo était déjà à moitié redevenu négatif (53%), et le groupe traité était négatif à 64%.
C’est mieux dans le groupe traité, mais comme il n’y avait que 70 patients restés dans l’essai, la différence n’est pas statistiquement significative, et l’étude conclut « le traitement n’a rien changé » (« viral clearance rates within a 9-day period from enrolment did not change with HCQ/AZT treatment compared with placebo »).

Un peu de détail

Si on regarde les résultats en détail (Tableau 2), on voit qu’au 3ème jour, malgré le faible nombre de patients, le résultat a frôlé la significativité statistique (qui aurait été une preuve de l’efficacité de l’efficacité du traitement).

En effet, au jour 3, trois fois plus de patients sont guéris dans le groupe traité que dans le groupe placebo (19,4% contre 6,3%) ; et la p-value est à 0,09, proche de la significativité statistique (obtenue quand la p-value est inférieure à 0,05.)

Autrement dit : il semble que les patients traités aient été plus nombreux à se débarrasser rapidement du virus, et que le groupe placebo, guérissant plus lentement, les a peu à peu rattrapés, réduisant au fil du temps l’écart entre entre les deux groupes.

Avec un peu plus de patients inclus et les mêmes proportions de patients guéris dans les deux groupes (19,4 % et 6,3%), l’étude aurait prouvé l’efficacité du traitement à 3 jours. Ici, les résultats observés sont certes nettement meilleurs dans le groupe traité, mais on ne peut pas complètement écarter l’hypothèse que ce soit dû au hasard. Les auteurs peuvent donc conclure que les « résultats secondaires » (dont la clairance virale au jour 3 faisait partie) ne sont pas non plus significatifs, et que les résultats de l’étude « n’appuient pas l’usage du traitement précoce par HCQ + AZI ».

Pour compléter, on peut ajouter deux détails :

– sans le reprendre dans ses conclusions, l’étude mentionne qu’un résultat est statistiquement significatif : la disparition de la toux au 6ème jour est significativement plus fréquente chez les patients traités que dans le groupe placebo.

– un seul patient de l’essai a été hospitalisé. Il faisait partie du groupe traité, mais les raisons de l’hospitalisation ne semblent pas liées au Covid-19 : aucun signe de détérioration clinique ou virale n’a été détecté, et les symptômes conduisant à l’hospitalisation étaient « non spécifiques. » (« During the follow-up, one patient in the treatment group was hospitalised due to nonspecific symptoms, but no evidence of clinical or laboratory deterioration of COVID-19 was detected. »)

En conclusion, cette étude est à 100 % compatible avec l’hypothèse d’une grande efficacité du traitement précoce HCQ + AZI pour réduire rapidement la charge virale et les symptômes du Covid-19.

Mais comme, pour diverses raisons (faible nombre de participants, choix du « résultat principal »…), l’étude parvient à un résultat positif mais pas statistiquement significatif, elle conclut « aucun effet ».

Enzo L.

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80 commentaires

    • C’est délicat : ça me semble au contraire de nature à figer les positions de chaque “camp”.
      Des sceptiques de la sécurité du vaccin disent “le document révélé donne des preuves des effets secondaires”, tandis que les pro-Pfizer disent “ce ne sont pas des effets secondaires, mais des événements indésirables, dont le nombre est compatible avec ce qui se passe habituellement dans la vie. D’ailleurs Pfizer dit à chaque paragraphe que les événements rapportés ne soulèvent aucun signal de écurité”
      Les informations qui permettraient de trancher ou de fournir des indices (nombre de doses injectées à la date du rapport, nombre de personnes engagées par Pfizer pour traiter le nombre de rapports…) sont censurées sur le document, et restent inconnues.

      • En fait, les preuves sont conues de Macron, l Delfraissy , de Mme Von der Leyen etc.. Connus, soupesés, et cachés. Ils s’en moquent.
        Tout ça est une histoire de gros sous, il faut bien s’en imprégner.
        la seule chose qui puisse faire évoluer les choses, c’est la diffusion partout des informations. C’est là que c’est compliqué car non contents de mentir, aux gens, ils leur ont fait croire que toute information non conforme était fausse et DANGEREUSE Personne ne veut lire France-soir, ou lire les infos dans les revues scientifiques non achetées, une espece de peur de la contagion .
        Les antillais semblent mieux réussir. Sans doute parce que déjà bien échaidés par le chlordécone et autres scandales médico-sanitairo-agricole, et surtout oubliés de la métropole pour leur quotidien, ils n’ont aucune raison de lui faire confiance.
        Et la métropole se méfie de ceux prêts à descendre massivement dans la rue.

  1. Ceux qui prétendent qu’une étude sur un ou même deux protocoles n’ayant pas d’impact sur la maladie permet de conclure que tout protocole basé sur une traitement donné ne fonctionne pas font tout simplement une erreur de logique. Pour démontrer qu’une molécule est inutile, il faut la tester dans un très grand nombre de protocoles différents, un procotole précisant notamment dosage, moment de la maladie où le produit est employé, fréquence et associations éventuelles avec d’autres molécules. mais de nos jours la malhonnêteté intellectuelle règne en maître.

    • Oui, on sent comme un frémissement de bon sens qui pourrait toucher certains membres de cette docte assemblée.. (vous remarquerez toutefois ma prudence, nous avons eu tellement de faux espoirs!)

  2. Le protocolle est écrit avant l’essai thérapeutique. On n’a pas le droit méthodologique de changer le nombre d’inclusion comme de changer de critères. Le drame est le refus du comité consultatif d’éthique français de valider une étude multicentrique qui aurait eu une puissance suffisante.
    I

  3. L’ECR n’y est pour rien, ce sont les expérimentateurs qui y sont pour quelque chose : par stupidité ou par intérêt, là est la question !

  4. Merci à Enzo L de nous donner un bel exemple de traficage.Cela rappelle l’HCQ donnée aux patients de réa pour prouver son inefficacité.Pour que la démonstration soit complète,il serait intéressant d’aller consulter la déclaration d’intérêt…

    • La réponse est dans la question … Non seulement, on continue de s’entêter avec une procédure vaccinale très peu efficace – les vaccinés devant continuer de porter des masques et d’être contagieux, voire malades – mais on aborde à présent la possibilité d’une obligation (probablement assortie d’amendes et plus si affinités…) .Cet acharnement à nier l’évidence ne peut être que la preuve tangible d’un énorme conflit d’intérêts.

  5. Merci Enzo L. pour cet article, avec toutes les explication qui nous permettent de décoder ce rapport.
    De manière générale, les diverses autorités (officielles) dénigrent, empêchent des essais, randomisés ou pas, sur les traitements ambulatoires précoces (TAP) pour soigner les patients, une preuve de plus qui s’ajoute aux autres.

  6. Grand merci pour cette publication, j’aime vos partages lumineux. Je vous très reconnaissante du travail que cela représente pour vous §

  7. Sur le critère guérison ,ou non évolution vers forme grave , il faudrait en traitement précoce , un bras Azythromycine ( puisque D Raoult nous appris que certains antibios sont actifs sur les virus) et un bras AZT + HCLQ.
    La 1 ère étude IHU démontrait une diminution de la charge virale sous HCLQ.
    L essentiel est la guérison des patients mais j aimerais , intellectuellement, faire la part des choses .
    En effet , j habite en Israël où, dès les 1 ers mois, des organisations de volontaires ont pris les choses en main, parallèlement aux services de santé, et sauvé bon nombre de patients à domicile avec des protocoles comprenant AZT , l HCLQ étant introuvable ici.

  8. Etude très édifiante.
    Néanmoins, en période de “pandémie” et en situation d’urgence, la question de l’efficacité d’un traitement n’est pas pertinente. Ce qui l’est, c’est de savoir s’il est plus nocif que le mal qu’il est censé traiter. Aussi, la preuve pertinente, ici, comme l’avait très bien dit le Juge des référés du Tribunal Administratif de GUADELOUPE (avant d’être censuré par le Conseil d’Etat, qui a oublié les rudiments du droit dans cette crise sanitaire), ce qui comptait pour interdire l’HCQ, c’était la preuve inverse: le gouvernement devait apporter la preuve de l’inefficacité que l’HCQ ou de sa nocivité, et non, à la partie adverse, d’apporter la preuve contraire.
    C’est donc jouer le jeu de ceux qui veulent écarter l’HCQ, comme ils veulent écarter tout traitement, que de vouloir à tout prix apporter la preuve de l’efficacité de l’HCQ.
    Cela dit, apporter la preuve de l’efficacité des traitements, ou d’écrire un article comme celui-ci, confirme évidemment la position de ceux qui soutiennent la nécessité d’un traitement, et la disponibilité effective de ces traitements depuis le début, et l’invraisemblable et sandaleuse position des autorités qui les ont interdits.

  9. 70ans. Bonne santé. Pas vaccinée. Nantes. Quel médecin accepterait de me SOIGNER si j’attrapais cette maladie ?
    Merci et félicitations pour votre travail.

  10. Conclusion principale
    D’abord on soigne avec des thérapeutiques éprouvées, on laisse les médecin exercer leur serment d’Hypocrate, on informe la population et on ne laisse surtout pas les politiques à serments d’Hypocrites, financiers, bigfarma se mêler de tout ça associés à des numériciens (qui pour les anglais), avaient prévu des millions de morts.

    • Bonjour Sigrid,
      73 ans, non vaccinée! Je suis dans la Presqu’île Guérandaise et mon médecin n’est pas contre les soins “traditionnels” si j’ose dire. Je ne peux pas vous donner de coordonnées par ce biais.
      Il doit bien y avoir à Nantes des médecins qui soignent. Non?
      Cordialement.

  11. Une constatation m’interpelle : le site “Our World In Data” que je consulte régulièrement et qui me semble vraiment de confiance déclare que le variant omicron est déjà à6.7% en France ! La version officielle déclare 30 cas à ce jour 10 décembre 2021 !!! Bug ou mensonge ? That is the question !

  12. Bonjour, Merci de cet éclairage, l’association HCQ/AZT/Zinc/HBPM est toujours le combo thérapeutique précoce offert aux malades symptomatiques dès le diagnostic d’infection à SARS-CoV-2 en date du 10/12/2021 à l’IHU Marseille Méditerranée, le suivi de la cohorte des malades traités montre des taux de mortalité et de passe en soins intensifs les plus faibles au monde en comparaison des cohortes publiées…Les personnes âgées et fragiles des Ehpad en particulier présentent avec ce protocole une mortalité inférieure à 5% , alors qu’elle a été mesurée en moyenne en France lors de l’épidémie du printemps 2020 à 37% !…Plus besoin d’étude ECR !…Il suffirait que d’autres centres de soins ayant la capacité de traiter précocement les malades utilisent ce protocole pour le valider !…Il parait évident qu’on a pas mieux pour l’instant !….

    • Même protocole mais sans HCLQ appliqué dans l Ehpad où réside mon père 98 ans.
      Presque la moitié des résidents infectés en Novembre 2020 . Que 2 décès liés directement au Covid sur une quarantaine de résidents. Beau résultat dans cette population très âgée .
      Comme quoi, c est nettement mieux quand on soigne les malades !
      Dr Fr ConnessonTagger
      Ehpad La Louisiane à Hyères

  13. Je crois que l’arrêt des études Discovery et Recovery post-Lancetgate a donné le même résultat, pas assez de malades inclus pour conclure et donc faux négatif..mais un chercheur de l’IHU les a poolees ce qui permet de montrer l’efficacité de l’hydroxychloroquine : 30 pour 100 de décès en moins avec p《 0,05

  14. Bonjour
    Le rhume peut être grave, transmis par un enfant à son grand-père obèse cardiaque et emphysemateux diabétique. Or, si j’ai bien compris, un certain nombre de corona virus donnent des rhumes. Pourquoi nos autorités si bienveillantes et soucieuses de la Santé de nos anciens ne rendent-t-elles pas la vaccination des enfants obligatoire contre les rhumes ? Pfizer ou Moderna n’auraient sûrement rien contre, et Notre Guide Président Petit Père du Peuple n’aurait sans doute rien contre non plus, lui qui veille tant au bien-être de nos anciens.

  15. Si j’ai bien compris les protocoles choisis sont tels que si les auteurs avaient eu au préalable les (vraies) connaissances, ils n’auraient pas mieux choisi leurs protocoles…
    Merci de votre travail de démystification de certains travaux.

    • Pareil avec la prévention: si on ne la cible pas sur une population ayant une incidence pathologiques de plus de 10% les résultats sont négatifs. Cancer du sein ou du colon, très bons exemples

    • @BAF

      Ce que cela montre c’est qu’une ECR arrive au résultat que l’on veut, il suffit de choisir ses outcome, sa durée et son échantillon.
      contrairement à l’étude observationnelle qui regarde sur le terrain ce que cela fait. Pas étonnant que les labos (et leur courroye de transmission que sont les zotorités de santé) les classe comme merdiques (les études observationnelles) : TOUT les scandales sanitaires sont partis d’un ECR tout “parfait”.

      Mais il y a mieux : vous mettez sur le marché un vaccin pédiatrique. vous faites un ECR
      1. contre un autre vaccin pédiatrique (comme cela pas moyen de voir les effets secondaires puisque identiques dans les 2 vaccins)
      2. avec comme outcome un taux d’anticorps (dont on sait que c’est assez peu représentatif de la protection : des gens sans anticorps ne tombent pas malade et des gens avec des taux protecteurs tombent malades)
      3. sur une population adulte en bonne santé (et donc pas représentative de la population qui va être vaccinée ensuite)
      4. sur une maladie qui circule très très peu dans la population cible.

      et TADAAAAAAAA le vaccin marche, puisque la maladie ne circule pas plus qu’avant le vaccin. et les problèmes de santé qui se font jour dans la population cible (problème qu’on n’avait JAMAIS vu avant le vaccin) sont multi-factoriels, au choix : l’alimentation, les pesticides, la pollution, le climat, le hasard….

      Vous vous rendez compte que les bébés qui naissaient sans bras par tâches géographique temporelles de à la louche 10 bébés, les ARS (j’arrive pas à trouver le Comique dans l’acronyme) ont trouvé qu’il n’y avait AUCUN signal statistique. 10 bébés sans bras en moins de 2 ans dans un périmètre de 50km… il n’y a pas de signal statistique. et ce sont ces bouffons qui décident de la santé publique ?

  16. On a eu la même chose avec l’ivermectine. Deux des 6 études avancées par l’ANSM pour refuser la RTU, étaient des études sur une population trop jeune pour qu’il y a une grosse différence. Pourtant ces études montraient une amélioration de la clinique, mais 0 décès des deux côtés = pas de différence !

  17. Les données sont-elles disponibles de manière anonymisée en ligne ? Le bon moyen de tester n’est pas de faire des comparaisons à un jour donné mais de faire un tests du logrank. En R ça s’écrit ainsi:
    library(survival)
    mydata = read.csv(“negatif.csv”) #une ligne par patient, une colonne pour le jour où la personne est négative ou bien le dernier jour de mesure (si la personne est toujours positive à ce dernier jour de mesure), une colonne avec un 0 ou 1 disant si la personne est négative ou positive, et une colonne treated avec un 0 ou 1
    survdiff(Surv(day,negative)~treated,data=mydata)

    C’est le test qu’on aurait fait par défaut sans réfléchir (et je n’ai pas regardé les choses en détail) donc mais si les auteurs auraient dû le prévoir avant ce n’est pas très problématique de l’utiliser. Qu’est ce que ça donne ?

  18. Laurent Muchielli vient d’envoyer un courriel sollicitant la signature, pour demain soir au plus tard, des universitaires/scientifiques et professionnels de santé (médecins, infirmier.e.s, pharmacien.ne.s, etc.) sur un texte pdf de 8 pages destiné à être publié ce week-end dans un media parisien.
    Il n’existe malheureusement aucun site internet où consulter l’article.
    Cependant je suppose qu’un certain nombre d’entre vous ici ont reçu ce courriel.
    Comme l’article correspond parfaitement à la sensibilité générale de ce blog, j’encourage ceux qui l’ont reçu à le communiquer à leurs amis, professionnels en activité ou en retraite.

    • Dans son message LM écrit

      Si vous désirez la signer, merci de m’envoyer simplement vos Prénom, Nom et Titre professionnel avant vendredi soir.

      ATTENTION à bien m’écrire uniquement à mon adresse personnelle laurent.mucchielli@protonmail.com
      Ne JAMAIS faire “répondre à tous” sinon votre réponse sera automatiquement supprimée par mon serveur.

      Amicalement

    • “Une nouvelle religion vaccinale est née en Occident.
      L’idéologie de la vaccination intégrale des populations est une sorte de nouvelle religion, avec son dieu, ses grands maîtres, ses dévots, ses soudards, ses techniques de propagande de masse et ses mensonges éhontés. En s’attaquant désormais aux enfants et en créant entre les citoyens des discriminations inédites pour des régimes réputés démocratiques, elle viole des droits
      humains que l’on croyait « inaliénables » et fracture encore un peu plus les sociétés.” = c’est l’intro du document pdf de L. Muchielli

      • si c’est un autre texte de 8 pages de LM serait il possible d’en avoir la teneur ici (sous forme de PDF) même si nous ne sommes pas professionnel de santé ?

        Merci beaucoup

        • Voici le texte de Laurent Mucchielli (malheureusement, les figures ne passent pas) :
          UNE NOUVELLE RELIGION VACCINALE EST NÉE EN EUROPE
          L’idéologie de la vaccination intégrale des populations est une sorte de nouvelle religion, avec son dieu, ses grands maîtres, ses dévots, ses soudards, ses techniques de propagande de masse et ses mensonges éhontés. En s’attaquant désormais aux enfants et en créant entre les citoyens des discriminations inédites pour des régimes réputés démocratiques, elle viole des droits humains que l’on croyait « inaliénables » et fracture encore un peu plus les sociétés.
          La séquence ouverte par le gouvernement français ce lundi 6 décembre était écrite d’avance.
          L’Agence européenne du médicament (EMA) avait autorisé le 25 novembre l’usage des vaccins expérimentaux contre la Covid-19 chez les enfants âgés de 5 à 11 ans, ne faisant que suivre une nouvelle fois le pas de la Food and Drug Administration (FDA) américaine (communiqué du 29 octobre). Ceci ne concerne plus désormais que le produit de Pfizer/BioNTech, même s’il faut bien par ailleurs continuer à écouler le stock de celui de Moderna dans les vaccinodromes. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) lui emboîtait le pas en proposant (le 30 novembre) de vacciner tous les « enfants fragiles », à savoir « tous ceux qui présentent un risque de faire une forme grave de la maladie et de décéder et pour ceux vivant dans l’entourage de personnes immunodéprimées ou vulnérables non protégées par la vaccination ». Elle appelle cela « la stratégie du cocooning », une appellation d’apparence bienfaisante, qui masque le fait que les enfants sont bien moins contaminants que leurs parents et leurs enseignants (comme le montre une étude de l’Institut Pasteur). Et la HAS annonce déjà qu’elle « se prononcera ultérieurement sur la pertinence d’élargir cette vaccination ». Le premier groupe (les enfants « à risque ») concernerait déjà au bas mot 360 000 personnes. Mais, bizarrement, la HAS ne chiffre pas le second groupe, celui des « enfants de 5 à 11 ans vivant dans l’entourage de personnes immunodéprimées ou celui de personnes vulnérables non protégées par la vaccination ». Il faut dire que, selon le gouvernement, le taux de vaccination des personnes de plus de 65 ans dépasse les 92% en France, de sorte que l’on ne voit pas très bien combien de « personnes immunodéprimées ou vulnérables » ne seraient pas encore vaccinées. Mais peu importe en réalité, l’essentiel est de continuer la grande marche en avant vers la vaccination intégrale (et répétée tous les six mois au minimum) de toute l’humanité. Telle est la nouvelle religion qui se répand dans le monde et permet aux grands maîtres Pfizer et Moderna d’engranger 1 000 dollars de bénéfice par seconde à chaque instant de nos vies, le tout orchestré par leurs vassaux régionaux que sont devenus la plupart des gouvernements occidentaux.
          LES RESSORTS ECULES DE LA PROPAGANDE DE MASSE
          Pour y parvenir, ces gouvernements (et les nombreux journalistes qui les suivent au garde à-vous) utilisent toutes les vieilles ficelles de la propagande. La logique de base est celle qu’expliquait déjà Jacques Ellul il y a 60 ans (Propagandes, 1962) : « En face de la propagande d’agitation [des révolutionnaires, des putschistes, des terroristes], nous trouvons la propagande d’intégration, qui est la propagande des nations évoluées, et caractéristique de notre civilisation. C’est une propagande de conformisation ». En effet, « dans une démocratie, il faut associer les citoyens aux décisions de l’Etat. C’est là le grand rôle de la propagande. Il faut donner aux citoyens le sentiment d’avoir voulu les actes du gouvernement, d’en être responsables, d’être engagés à les défendre et à les faire réussir ». On reconnaît là le fondement de ce qui est appelé nudge de nos jours, un mot anglais à la mode pour désigner de vieilles techniques de marketing et de publicité. C’est en effet aux années d’entre-deux-guerres que remonte cette conception moderne de la propagande. L’un de ses maîtres à penser fut Edward Bernays, dont toute l’œuvre de propagandiste et de publicitaire reposait sur l’idée que « la masse est incapable de juger correctement des affaires publiques et que les individus qui la composent sont inaptes à exercer le rôle de citoyens en puissance qu’une démocratie exige de chacun d’eux : bref, que le public, au fond, constitue pour la gouvernance de la société un obstacle à contourner et une menace à écarter », comme le résume son préfacier français. Le premier socle permanent de cette propagande est la peur, qui permet de placer les sujets en état de suggestibilité. Après avoir longtemps nié l’existence des variants (sans doute parce que c’est l’IHU de Marseille qui le montrait), le gouvernement s’en est emparé pour renouveler cette stratégie de la peur. Chaque nouveau variant permet ainsi de relancer l’idée simplette des « vagues » successives sensées nous submerger, et vient justifier de nouvelles étapes dans l’objectif de vaccination intégrale, tout en détournant l’attention des véritables causes de la mortalité occasionnée par ces virus. Causes qui sont essentiellement d’une part la proportion croissante de personnes atteintes de maladies chroniques environnementales (obésité, diabète, insuffisances cardiaques ou respiratoires, etc.), d’autre part la tiers-mondisation de l’hôpital public.
          Vient ensuite la technique de propagande « blouses blanches et galons » bien décrite par Etienne Augé (Petit traité de propagande. À l’usage de ceux qui la subissent, 2007). Elle consiste à « faire appel à des individus disposant de par leur titre, grade ou mandat, d’une autorité sociale susceptible de bénéficier d’une crédibilité sans rapport avec leurs propos et de provoquer chez leur audience une adhésion à leurs idées, arguments ou actions ». Ainsi peut-on constater dans les médias « l’apparition de spécialistes-professionnels, capables d’intervenir sur des sujets dont ils n’ont parfois pas une connaissance suffisante mais sur lesquels ils parviennent à s’exprimer avec un langage convaincant. Leur discours est perçu par la plupart des non-spécialistes comme un avis valant expertise car on a pris soin de les présenter, par exemple par le biais d’un bandeau à la télévision, en mettant en valeur leurs titres, tels que docteur, professeur, général, ainsi que leur domaine d’expertise ». Bien entendu, pour que cela fonctionne, il faut soigneusement dissimuler leurs fréquents liens avec les industries pharmaceutiques.
          En outre, les gouvernements comme celui de la France utilisent massivement un autre classique de la propagande d’Etat qu’Etienne Augé appelle « le choix truqué ». Elle consiste à « proposer à un public un choix, comme s’il lui revenait de trancher et de choisir la meilleure option, tout en sachant à l’avance quel sera le résultat de cette consultation. Ainsi, le propagandiste met l’auditoire devant l’alternative entre un choix inacceptable qui sera nécessairement rejeté, et une option qui apparaîtra comme peu désirée mais inéluctable devant l’ampleur du danger qui menace ». Vaccinés ou reconfinés ? Vaccinés ou remasqués ? Vaccinés, guéris ou morts ? L’histoire était écrite d’avance pour qui sait la reconnaître : « on utilise le choix truqué principalement pour expliquer des sacrifices ou pour annoncer des mesures drastiques. Il n’est pas rare, dans ces cas-là, que l’on utilise des expressions inquiétantes, car l’objectif est de montrer qu’il n’existe qu’une solution pour prévenir une catastrophe ». Et l’auteur de conclure que le chef politique doit alors « s’imposer dans un rôle de sauveur qui sait apprécier l’altruisme de ses ‘ouailles’. Il peut demander qu’on lui sacrifie certaines libertés primaires afin de mieux garantir la sécurité de chacun dans des temps troublés. Cette technique se retrouve à l’origine de la plupart des systèmes de domination massifs qui conduisent à des dictatures ».
          Enfin, arrive la technique de la grenouille ébouillantée dans la célèbre fable : plongez une grenouille dans de l’eau bouillante et elle bondira pour s’échapper, mais plongez-la dans de l’eau froide et portez progressivement l’eau à ébullition, la grenouille s’engourdira et finira par mourir de cette cuisson sans s’en apercevoir. Les gouvernements usent et abusent de cette technique de contrainte en passant leur temps à jurer que telle obligation n’arrivera jamais ou que telle catégorie de la population ne sera jamais concernée, afin de ne pas alarmer la population. Tout en réalisant la chose petit à petit. Ainsi la vaccination fût-elle d’abord réservée aux personnes les plus âgées et aux professionnels de soins. Ensuite, elle a été élargie progressivement aux adultes des tranches d’âge inférieures, avant de passer aux adolescents, puis aux enfants. Aujourd’hui ce sont les enfants réputés « fragiles », pour continuer à jouer le noble rôle de protecteur. Demain, ce sera en réalité la totalité.
          LA REALITE N’A PAS GRAND-CHOSE A VOIR AVEC CETTE PROPAGANDE
          La réalité, elle, se moque de ces manipulations des peuples. Elle se résume en cinq constats.
          Figure 1
          Le premier est que la prétendue « pandémie du siècle » n’a jamais menacé les personnes âgées de moins de 60 ans. S’il y a bien une catégorie de personnes qui ne risquent rien statistiquement, ce sont les enfants. Les statistiques de mortalité établies par l’INSEE montrent même que les personnes âgées de moins de 25 ans ont connu une sous-mortalité en 2020 et 2021 par rapport à 2019 (Figure 1 ci-contre). Quant à celles âgées de 25 à 49 ans, elles n’ont globalement pas vu la différence. La figure montre aussi que, sur la période actuelle (1er juin – 8 novembre 2021), il n’y a pas non plus de surmortalité chez les 50-64 ans.
          Le deuxième constat est qu’il n’est pas justifié d’annoncer systématiquement le pire, aujourd’hui l’imminence d’une « cinquième vague ». La réalité est d’abord qu’il est fallacieux de présenter une courbe des « cas positifs » (qui dépend de nombreux facteurs, à commencer par la fréquence des tests) comme une courbe du nombre de « malades ». L’immense majorité des personnes porteuses de ce virus ont toujours été peu ou pas symptomatiques. Ensuite, les hospitalisations et les décès augmentent certes lentement, mais c’est le cas chaque année à cette période d’entrée dans l’hiver. Les données du réseau Sentinelles (un réseau français qui existe depuis 1984 et qui constitue un échantillon de plusieurs centaines de médecins généralistes faisant remonter leur activité médicale sur les maladies infectieuses) montrent même que le nombre de malades se situe actuellement très en deçà non seulement des deux principales épidémies de Covid (mars-avril 2020 et octobre-novembre 2020), mais aussi des années de plus fortes grippes saisonnières (Figure 2 ci-contre). Ceci signifie que la spécificité de l’épidémie de Covid ne réside probablement pas dans sa dangerosité intrinsèque, mais bien plutôt dans la réponse thérapeutique, ou plutôt l’absence de réponse thérapeutique, qui lui a été opposée par les médecins du fait des consignes gouvernementales qui ont privilégié d’abord des mesures non-pharmaceutiques (confinements, couvre-feux, etc.), ensuite la « solution vaccinale».
          Figure 2
          Le troisième constat est que la vaccination se dirige vers 100% de couverture de la population générale sans que cela ne change rien à la dynamique des épidémies successives provoquées par les variants. C’était déjà le cas du variant Delta (Indien) lors de l’été dernier, et c’est à nouveau le cas du variant sud-africain dit Omicron (que l’on sait par ailleurs déjà moins dangereux que les précédents). La conclusion est fatale : le sauvetage par la vaccination générale est un mythe. Comme toutes les religions, il ne repose que sur l’opinion des croyants. La réalité, visible depuis plusieurs mois, est que la vaccination n’enraye nullement la propagation de l’épidémie. Et pour cause, il est bien établi que la vaccination n’empêche ni la contamination ni la transmission du virus.
          Le quatrième constat est que, comme toutes les idéologies religieuses ou laïques, la vaccination intégrale est une structure psychorigide aveugle à tout effet pervers et sourde à toute remise en cause. En l’occurrence, il est interdit de parler d’effets indésirables graves liés à la vaccination des jeunes. Or la réalité est là, qui ne pourra pas être indéfiniment cachée sous le tapis. Les adeptes de la nouvelle religion ont déployé de grands efforts pour dénier toute pertinence aux données de pharmacovigilance qui étaient disponibles déjà l’été dernier. Ils ne pourront rien contre l’accumulation des publications scientifiques qui documentent notamment les risques inédits de problèmes cardiaques (thromboses, péricardites, myocardites) chez les adolescents vaccinés (voir par exemple ici, ici, ici, ici et là). Pour cette raison, plusieurs pays scandinaves ont déjà renoncé à injecter aux jeunes les vaccins ARNm, rejoints il y a quelques jours par le Japon.
          Enfin, le cinquième et dernier constat est que cette idéologie de la vaccination intégrale fonctionne comme les religions en temps de crise de par le passé. Elle a ses grands prêtres et ses dévots, qui monopolisent plus que jamais la parole dans les médias. Elle a son inquisition médiatique qui excommunie les penseurs déviants et rêverait de pouvoir les brûler comme jadis les sorcières. Et elle produit massivement des boucs-émissaires (les non-vaccinés) qui sont traités comme autrefois les pestiférés et les lépreux. Situation d’autant plus absurde que tout vacciné est un futur non-vacciné qui s’ignore, puisque tout sera remis en cause pour celui ou celle qui ne fera sa troisième dose, avant sa quatrième (déjà annoncée par M. Delfraissy), sa cinquième, etcetera. La logique du « pass sanitaire » a beau reposer sur un mensonge éhonté (répétons que la vaccination ne bloque ni l’infection ni la transmission), sa logique discriminatoire se déploie dramatiquement depuis plusieurs mois. Et comme si la perte d’emploi, le non-accès aux restaurants, aux lieux culturels, etc., ne suffisait pas, les gouvernements européens rivalisent à présent d’imagination contre l’espèce de nouvel ennemi public n°1 qu’est devenu le non-vacciné. A l’image de l’Autriche, il ne suffit plus d’exclure, on voudrait maintenant mettre à l’amende, punir et enfermer. Cette logique discriminatoire morbide, qui viole des droits humains que l’on croyait « inaliénables », fracture les sociétés et sera certainement décrite un jour par les historiens comme une sorte de folie collective orchestrée par des personnes ayant perdu tout sens des valeurs démocratiques et des droits de l’Homme. Nous ne devons pas nous y résigner et rester muets devant un tel désastre intellectuel et moral.
          SIGNATAIRES
          Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherche au CNRS
          Laurent Toubiana, chercheur à l’INSERM, directeur de l’IRSAN
          Paul Touboul, professeur de médecine (cardiologie, rythmologie) à l’université de Lyon
          Jean Roudier, professeur de médecine à l’Université d’Aix-Marseille, directeur de l’unité
          INSERM UMRs 1097
          Christian Vélot, généticien moléculaire, enseignant-chercheur à l’Université Paris-Saclay
          Jean-Paul Bourdineaud, professeur de toxicologie et biochimie à l’Université de Bordeaux
          Elise Carpentier, professeur de droit public à l’Université d’Aix-Marseille, directrice du
          GREDIAUC
          Juliette Rouchier, économiste, directrice de recherche au CNRS
          Alessandro A. Negroni, professeur de philosophie du droit à l’Université de Gênes (Italie)
          Gérard Maudrux, médecin, ancien président de la Caisse maladie des professions libérales et
          de la Caisse de retraite des médecins
          Dominique Labbé, chercheur, retraité de l’Université de Grenoble-Alpes
          Pierre Chaillot, statisticien
          Hélène Banoun, pharmacien biologiste, PhD, ancienne chargée de recherches à l’INSERM
          Emmanuelle Darles, maîtresse de conférences en informatique à l’Université de Poitiers
          Vincent Pavan, maître de conférences en mathématique à Aix-Marseille Université
          Didier Lambert, président d’une association de patients, ancien membre du Comité Scientifique
          Permanent Pharmacovigilance de l’ANSM
          Jacques Bouaud, chargé de valorisation de la recherche à l’AP-HP
          Marc G. Wathelet, Ph.D., docteur en biologie moléculaire
          Isabelle Chivilo, médecin généraliste
          Gérard Vigneron, médecin généraliste
          Jacques Pollini, anthropologue de la santé
          Romy Roudier, pharmacienne