Alzheimer, menteurs ou intelligence supérieure ?

La frontière entre le pathologique et les défauts de la race humaine est parfois difficile à trouver, et je vous laisserai juge, m’en tenant aux faits.

Je viens de tomber dans une revue de presse CARMF, sur un communiqué de la CSMF du 9 décembre qui m’avait échappé. Il est signé du Président Jean Paul Ortiz, et concernant la retraite il est en principe rédigé par Yves Decalf. Ils se félicitent de la réforme (« à la carte » débaptisée en « en temps choisi ») du régime complémentaire et de l’ASV, dont la CSMF « a été le moteur, tant dans l’ASV que pour le régime complémentaire », « La CSMF a soutenu cette réforme et demandé qu’elle s’applique aussi au régime ASV » (sic).

Rappel des faits :

J’ai concocté seul cette réforme et l’ai présenté lors du séminaire annuel de la CARMF le 25 mai 2013 devant une quarantaine de personnes, administrateurs titulaires et suppléants, pour avoir leur avis. Elle a été votée le 23 juin par le Conseil d’Administration pour application au premier janvier 2014. Je l’ai présenté le 18  juillet à la Direction de la Sécurité Sociale qui n’a émis aucune critique et une seule réserve : bouscule les standards. Par la suite la CSMF et MGF ont fait opposition à cette réforme auprès du Ministère qui ne l’a pas validé, et également auprès du bureau de la CNAVPL (18 juin 2014) pour qu’elle vote contre lors de son CA le 19 juin 2014 lors d’une seconde présentation de la réforme.

Le 14 janvier 2015 je réunissais les syndicats à la CARMF avec un actuaire indépendant qui a confirmé tous les calculs et l’intérêt de la réforme, j’ai fait surtout une proposition à 87% au lieu de 85% à 62 ans pour lever leur blocage et proposé une extension à l’ASV. Refus catégorique, refusant même d’entendre l’actuaire au moment d’évoquer cette réforme pour l’ASV. 15 témoins. « Nous n’avons pas donné notre accord pour projeter sur l’ASV une réforme telle que vous la préconisez pour le complémentaire » écrit-il le 9 février 2015.

Le 18 décembre 2015 lors d’une réunion CSMF avec le nouveau Président de la CARMF et des représentants des retraités, cette réforme pour le RC a été traitée d’escroquerie et le refus d’une hypothèse d’application à l’ASV a été réitéré.

Voilà maintenant qu’ils sont la cheville ouvrière de cette réforme ? Alors problèmes de mémoire, menteurs, intelligence stratégique supérieure ? Je vous laisse juges, mais dans tous les cas, ce comportement est inquiétant de la part du premier syndicat et autorise des doutes dans leur manière de traiter les autres sujets. D’ailleurs quand on voit les manifestations de satisfaction répétées après chaque négociation conventionnelle conduisant à l’état de la médecine libérale aujourd’hui, ceci explique cela.

Pour terminer, les altérations de certaines facultés intellectuelles peuvent altérer celles du calcul. Il est dit dans ce communiqué que « les montants de la retraite RC et ASV restent les mêmes, contrairement au plan initial de l’ancien Président de la CARMF ».

Alors encore des faits et des chiffres vérifiables. Que je sache, la valeur du point ASV reste bloquée, donc baisse en valeur réelle (et je n’y suis pour rien), et on n’a toujours pas la date de fin. Pour le RC, le Conseil d’Administration du 21 octobre 2016 a voté à l’unanimité (avec MGF et CSMF) une baisse étalée de 3% de la valeur du point RC, hors inflation. Quand on augmente de 2% d’un côté, il faut bien les enlever quelque part pour obtenir le même équilibre, question de bon sens ! Pire, je prévoyais + 5% l’an de 62 à 67 ans, eux ont ramené à + 3% de 65 à 67 ans, soit une baisse supplémentaire de 2% à 66 ans, de 4% à 67 ans et plus par rapport à mon plan initial. Si je sais encore compter, à 67 ans cela fait 3+4 = 7% de moins que « ma proposition initiale » soit une fois de plus le contraire de ce qu’ils écrivent.

Ils avaient un choix : bloquer Maudrux ou faire ce qui était le mieux pour la profession. Ils ont choisi, et tant pis pour ceux qui ont prolongé et pris leur retraite depuis 2 ans et pour ceux qui la prendront demain. Ce n’est pas la priorité de ces gens là.

Gérard Maudrux