Les affiliés du RSI souffrent depuis sa création il y a 11 ans et ne voient pas le bout du tunnel. Un sondage de la semaine dernière montre que 78% des affiliés sont mécontents et ne voient aucune amélioration. Le service est une véritable catastrophe, les comptables s’arrachent les cheveux et les URSSAF ont ordre de ne plus contrôler les ressortissants du RSI. Un quart des professionnels envisagent de changer de statut pour ne plus y être affiliés.
Aveugle et sourd le docteur Chassang ne voit pas leurs difficultés, il ne les entend pas et fustige dans son dernier communiqué les candidats à la Présidence de la République qui constatant que rien ne marche, que cela ne s’arrange pas, que ce n’est plus possible de continuer en l’état, et qui envisagent des mesures radicales.
« Le RSI doit poursuivre sa modernisation et continuer à être amélioré, pour autant, l’UNAPL appelle les responsables politiques à se méfier des solutions simplistes qu’ils pourraient préconiser sous la pression de certaines organisations », écrit la structure présidée par le Dr Michel Chassang, ancien président de la CSMF. (http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/breve/2017/02/13/lunapl-defend-le-rsi_844688)
Plus loin : « Selon l’UNAPL, il serait « contre-productif » d’imposer aux professions libérales des cotisations au régime général, dont le montant est nettement plus élevé qu’au RSI. » Mensonge ou encore problème de mémoire ? La Loi de Financement de la Sécurité Sociale votée pour 2016 prévoyait une baisse étalée sur 2 ans de la cotisation des indépendants affiliés au régime général, passant de 9,8% à 6,5% pour l’aligner sur celle du RSI. C’est acquis, voté, il est donc faux de dire que cela entraînerait une augmentation. Quand on veut démontrer avec des arguments que l’on sait faux, c’est en général pour cacher autre chose.
« La disparition du RSI et l’affiliation au régime général de l’ensemble des indépendants sont une très mauvaise idée qui reviendrait à pénaliser les professionnels », souligne l’UNAPL, qui exige « la préservation d’un régime spécifique ». Oublie t-il aussi que la CSMF a mis les médecins S1 (avec les autres professions de santé) au régime général ?
Pénalisés ou l’inverse ? Le bien être des affiliés doit être le but que les élus, les syndicats et les autorités devraient avoir. En maladie les prestations sont les mêmes quelles que soient les caisses, les affiliés sont soignés par les mêmes professionnels, remboursés à l’identique, il ne manque plus qu’un recouvrement normal, au tarif actuel pour les affiliés du RSI, afin qu’ils n’aient plus à se battre pour qu’ils soient couverts ou qu’on ne leur demande pas 3 fois de suite des sommes astronomiques sans fondements et sans interlocuteur pour régulariser les erreurs.
Quand cela ne marche pas, quand les affiliés sont seuls à en subir les conséquences, quand on est soi-même incapable de redresser la barre (UNAPL et UPA sont majoritaires au CA du RSI) il faut savoir dire stop. A qui profite la poursuite si ce n’est pas aux affiliés. Il y a peu l’UNAPL a décidé de rentrer à l’UPA, premier syndicat d’artisans (pourquoi pas les petites et moyennes entreprises ?), qui tient le RSI. Pourquoi ? Une histoire de gros sous me dit-on, je n’en sais rien. Par contre il y a présidence tournante à l’UPA entre ses composantes, et dans deux ans Chassang Président de l’UPA ? Le pouvoir au détriment de ceux que l’on prétend défendre ? Au passage, la gouvernance du RSI vient d’accorder en catimini une augmentation de 13% pour les seuls cadres, sans doute pour les bons résultats de l’organisme.(https://www.entreprise.news/salaire-cadres-dirigeants-rsi-augmente-de-13-2017/)
Enfin rappelons qu’en maladie les excédents des libéraux se chiffrent en centaines de millions et servent à combler le déficit des commerçants et artisans. En retraite les libéraux payent le plus lourd tribut à la compensation nationale, servant en partie à financer la moitié du régime de base RSI. Est-ce aux professions libérales de demander le maintien de ce régime, alors que dans le même temps, je n’ai pas entendu l’UNAPL et la CSMF se plaindre que la loi sus citée créait une cotisation maladie supplémentaire de 3,25% pour une part des recettes des praticiens et auxiliaires médicaux ?
L’intérêt des PL ? Ayant présidé une de leur caisse de retraite 18 ans, ayant présidé à sa mise en route la plus grosse des caisses du RSI et ayant démissionné après 18 mois, seul à voir que cet organisme ne pourrait fonctionner, et ayant été le seul à me battre contre la prise de pouvoir des autorités sur nos régimes de retraite, j’ai mon opinion. En maladie, la prestation est universelle, pourquoi l’organisme de recouvrement ne le serait pas ? Les praticiens et auxiliaires médicaux qui sont au régime général ne s’en plaignent pas, les affiliés du RSI seraient ravis d’avoir le même service (et pourraient garder leur OC, je ne parle que du recouvrement qui est le problème du RSI). Et si les régimes de base pouvaient suivre (aussi dans les cartons des futurs élus), le RSI deviendrait la caisse de retraite des commerçants et artisans, retrouvant plus d’autonomie qu’aujourd’hui, la CNAVPL disparaîtrait et les différentes professions retrouveraient l’autonomie de leurs caisses de retraites pour gérer les régimes complémentaires. Déjà aujourd’hui, c’est l’Etat qui fixe les prestations de nos régimes de base les cotisations s’alignant, pourquoi s’acharner à faire croire que ce sont les élus ?
Contrairement à ce qu’écrit Chassang, ce ne sont pas les affiliés qui seraient pénalisés, mais les organisations syndicales qui perdraient quelques postes au passage, voilà sans doute pourquoi ils protestent.
Qu’est-ce qui est le plus important : le bien être des organisations qui ont montré leur incapacité à redresser la barre, ou le service rendu aux affiliés ?
