Le miroir

Dans toutes choses, il y a toujours des bons et des mauvais côtés et pour vivre heureux, il faut savoir regarder les bons. L’élection de Trump n’a rien d’une catastrophe mondiale comme on a bien voulu nous le présenter avant, et devrait être pour nous un formidable miroir dans lequel nous pouvons voir tous nos défauts pour les corriger. Les marchés financiers eux ne s’y sont pas trompés : au soir du scrutin, ils clôturent à + 1,5% des deux côtés de l’Atlantique, alors que s’ils avaient écouté nos politiques et journalistes ils auraient dû dévisser de 5% !

Que devrions nous voir dans ce miroir ? Que quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir du vainqueur, les Américains ont d’abord rejeté une évolution vers NOTRE système politico-économico-social, alors que Clinton était plus présentable. Nous devrions le voir et en tirer des leçons, à l’inverse nos politiques crient au populisme, nom qu’il donnent au refus de la pensée unique et de la politique politicienne.

Alors que nos élus ne vivent pas dans le même monde que nous, les Américains ont élu quelqu’un qui leur ressemble : direct et fruste. La réussite est chez eux un exemple, alors que chez nous ce n’est qu’incorrect et vecteur de jalousie. N’en déplaise aux médias amateurs de caricatures grossières, Trump est un chef d’entreprise qui a connu plus de réussites que d’échecs, et qui saura choisir des collaborateurs pour leur efficacité et compétence, non pour leur parcours politique. Qu’un acteur de westerns de catégorie B et un chef d’entreprise fantasque soient les deux meilleurs présidents serait une formidable camouflet salutaire donné à nos politiques de métier.

Qu’ont demandé les Américains ? De la sécurité, du travail. Quoi de plus naturel ? Est-ce du populisme ? Ils ont aussi exprimé des craintes face à la mondialisation, à l’Islam ; Trump sans expérience politique y a maladroitement répondu, mais il y a répondu contrairement à Clinton et à nous, et il n’y a rien à craindre car ce n’est pas lui qui fait les lois. Aux US, le Congrès crée les lois, le Président les exécute, la Cour Suprême les interprète, tout ceci est garanti par leur constitution. Un compromis pragmatique sera trouvé.

Enfin sur le plan économique, Trump veut baisser les impôts des particuliers et surtout des entreprises (de moitié) pour faire revenir les bénéfices des grandes multinationales américaines dans le pays au lieu de siéger dans des pays à fiscalité plus faible. Il veut taxer les pays qui utilisent de la main d’œuvre sous-payée et sans charges sociales, véritable esclavagisme alors que nous nous inclinons. Qui a raison ? Ne faut-il pas changer certaines « règles » internationales ? En tous cas il faut se poser ces questions au lieu de crier au protectionisme. Avec ma conception de la TVA sociale pour remplacer euro pour euro des charges sociales pesant sur le travail pour les transférer sur la consommation, je ne propose rien d’autre, en plus politiquement correct.

Pour que tout ceci marche, il ne faut pas faire comme nous le ferions, des petites mesurettes insignifiantes contrecarrées par d’autres mesures contradictoires. Il faut que ces mesures soient nettes, franches pour ne pas dire brutales. Là on peut compter sur Trump.

Gérard Maudrux