Cinglante réaction au décret placements

Il existe une école où l’on apprend à se mettre dans la tête que l’on sait tout sur tout sans avoir aucune expérience, à parler de ce qu’on ne connaît pas et à légiférer sans concertation sur le sujet.

Par contre il est aussi des gens qui ont de l’expérience, savent de quoi ils parlent, et certains viennent de donner une réponse cinglante et sans appel au projet de décret que Monsieur Fatome a envoyé à nos caisses (cf billet précédent). Je parlais d’autoritarisme, de complexification, de privilèges, ils parlent des 5i : incompréhensible, inapplicable, irréaliste, inadmissible, inacceptable. Beau travail d’énarques jugé par des gens de métier et d’expérience !

Vous trouverez ci-joint un courrier fait par toutes les associations de gestionnaires de la place de Paris concernant le décret, pire que mauvais : d’inacceptable. /wp-content/uploads/2017/03/Lettre-associations.pdf . Ils déplorent l’absence totale de dialogue et affirment que ce texte « contient de nombreuses dispositions complexes qui seront coûteuses pour les caisses, préjudiciables pour les affiliés à moyen et long terme et défavorable au bon fonctionnement de l’économie. L’architecture, le contenu, sont remplis de dispositions irréalistes donc inapplicables, de chausse-trappes, de renvois incessants, de dispositions imprécises ou contradictoires, certainement à l’origine de risques juridiques, opérationnels et de conformité, tant pour les caisses que pour leurs prestataires. Ces risques sont inacceptables. »

J’ajouterais un 6è i : inutile, avec un exemple que je n’ai pas cité dans le premier billet, concernant les coûts de gestion. Actuellement on a six temps pleins, on additionne les salaires, les frais facturés par nos prestataires, les bureaux et le matériel et on a le total de nos frais de gestion. Maintenant ils veulent que nous calculions les coûts « ligne par ligne ». En pratique, chaque fois que l’on évoque Air Liquide pour acheter, vendre, ou simplement réfléchir, il faudra déclencher le chronomètre pour voir combien de temps y passent combien de personnes ; pour les administrateurs en commission, idem, et calculer au prorata de leurs frais de déplacement et des autres réunions, etc (R 623-10-46). Débile, coûteux, inutile. Peut-on me dire à quoi cela va servir ? Va nous servir ? Il faudra sans doute embaucher une ou deux personnes pour gérer toutes ces nouvelles mesures inutiles, incompréhensibles, inapplicables, irréalistes, inadmissibles et inacceptables.

Pour terminer, je vous ai cité des interdits (pays émergeants, produits de couverture), j’en ai oublié un gros : Or et matières premières deviennent interdits ! (Pour info, 7,9% de notre portefeuille, + 13,45% en 2016, +2,67% pour les 2,5 premiers mois de l’année).

Nos énarques sauront-ils écouter ceux qui ont plus de métier et d’expérience qu’eux, ou considèrent-ils que c’est impossible ? A suivre.

Gérard Maudrux