La honte

Il y a des jours où on a honte d’être français. On vient d’atteindre sans doute le summum avec l’aide d’urgence aux sinistrés, que je considère insultante et pour ceux qui reçoivent, et pour ceux qui donnent : nous.

Dans un pays qui se vante d’être social, solidaire, qui prélève 57% de tout ce qui est produit, en principe pour le redistribuer et pour assurer le bien être de tous les français, surtout les plus malheureux, nos généreux hommes politiques n’ont pas trouvé plus de 30 millions d’euros, soit 500 euros par foyer sinistré. Alors que beaucoup ont tout perdu, on n’a pas les moyens de leur donner de quoi acheter un feu, un frigo, une serpillère, quelques denrées et de quoi régler les quelques nuits qu’ils ont dû passer dehors.

Nos politiques sont méprisables, nous sommes en dessous du seuil de charité, et comme c’est votre argent qu’ils donnent, ils vous rendent quelque part complices de cet acte méprisable. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs de solidarité nationale. La solidarité de la nation envers ceux qui sont touchés par une catastrophe naturelle qui peut nous arriver à tous n’est pas à la hauteur, imaginez si cela vous arrivait. Où est passé notre argent ? Avec 500 euros ces généreux donateurs de notre argent n’achèteraient même pas une paire de chaussures, et ils pensent que pour le bas peuple, cela devrait suffire pour l’urgence d’une famille devant repartir à zéro. Combien pour cet écran géant au champ de mars et la sécurité alors qu’on est en plein état d’urgence ? Dans ce pays, quand on paye des impôts et des charges pour la solidarité, mieux vaut être amateur de foot que sinistré pour être aidé.

J’ai honte non pour eux, ils ne le méritent pas, mais pour ceux qui vont recevoir cette aide de notre part et de la part de ce pays riche et généreux. Nous sommes vraiment tombés très très bas.

Gérard Maudrux